Internet et protection de l’enfance : Fédérer entreprises et associations au niveau européen

By | 3 mai 2012

le 3 mai 2012 – A la suite de la publication de la Communication de la Commission européenne « Strategie européenne pour un internet plus adapté aux enfants »[1], le Conseil national du numérique (CNNum) rend public aujourd’hui les premiers éléments de sa réflexion sur la protection de l’enfance sur internet. Il souhaite, en cela, attirer l’attention des pouvoirs publics et des medias et acteurs de l’internet français sur les initiatives internationales décisives.

Avec une plus grande démocratisation de l’internet (très haut-débit, internet mobile), une croissance de l’équipement des mineurs en smartphones et tablettes et l’explosion des réseaux sociaux, les plus jeunes se voient offrir de nouveaux moyens de communiquer et de s’informer. Pour le CNNum, ces innovations sont riches d’opportunités mais portent aussi des risques que chacun doit s’efforcer de prévenir.

Les tables rondes organisées par le CNNum depuis le mois de septembre 2011 avec les associations de protection de l’enfance, représentants de la puissance publique et acteurs de l’internet, ont permis de démontrer une implication coordonnée de l’ensemble des parties prenantes, y compris et en particulier des parents.

« Les parents sont encore peu conscients de la nature des activités de leurs enfants sur internet », a déclaré Marie-Laure Sauty de Chalon, Membre du CNNum en charge de la réflexion sur la protection de l’enfance. « La question « qu’as-tu fait aujourd’hui sur internet ? » est beaucoup moins naturelle que « qu’as-tu fait aujourd’hui avec tes amis ? ». Aujourd’hui, quand des enfants sont exposés à un contenu choquant, seuls 13% en parlent à leurs parents[2]. Les parents doivent traiter internet comme toute activité. ».

Les sites internet ont également un rôle à jouer, en complément de l’action des pouvoirs publics, en facilitant la pédagogie et les possibilités d’action des parents.

Les dispositifs de contrôle parental pour les ordinateurs familiaux sont déjà peu utilisés, en dépit de leur large diffusion. La généralisation de l’usage d’objets communicants par les plus jeunes – comme les smartphones ou les tablettes – invitent d’autant plus à relancer la réflexion sur le mise à disposition de tels outils tant par les opérateurs que par les fabricants de matériels.

En outre, la Commissaire européen, Neelie Kroes, a lancé en décembre 2011 l’initiative « CEO Coalition en faveur d’un internet plus sûr »[3]. Réunissant grands acteurs de l’économie numérique et associations, ce projet souhaite mener d’ici la fin de l’année des actions concrètes en faveur de la protection des mineurs.

Le CNNum se félicite de cette initiative et invite les entreprises et acteurs français, à y être davantage présents. Alors que la protection de l’enfance est l’affaire de tous, il apparaît que les grandes entreprises étrangères et notamment américaines y ont, aujourd’hui, un poids très important. Le CNNum invite également les pouvoirs publics français à suivre de près l’avancée des travaux et à faire valoir leurs positions et expertises.

« Cette initiative peut être une occasion unique d’amorcer une dynamique efficace et pérenne, avec l’ensemble des acteurs, en faveur de la protection de l’enfance. Aux acteurs français, publics comme privés, de se saisir de cette opportunité » a déclaré Patrick Bertrand, Président du Conseil national du numérique.

A ce titre, le CNNum souhaiterait organiser un rendez-vous annuel au cours duquel les pouvoirs publics, les associations et les acteurs économiques pourraient échanger leurs connaissances et rapprocher, encore plus, leurs actions en matière de protection des mineurs. Il offrirait la possibilité d’échanger sur le rôle et les outils offerts à l’éducation nationale et aux enseignants en matière de sensibilisation des plus jeunes. Enfin, cet évènement permettrait assurément de rendre compte de la mobilisation des différentes parties et permettrait à la France de faire porter au plan international les bonnes pratiques mises en œuvre.

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