Notre vision

By | 10 novembre 2013

 

En se concentrant sur les 20% qui n’ont pas accès au plein potentiel du numérique, on a mis de côtéles  80% restants. S’il faut accroître les efforts à l’égard des populations « éloignées » (en raison de l’âge, de handicaps, de fragilité sociale ou d’éloignement géographique) pour garantir un recours effectif aux droits, il faut dans le même temps opérer un changement d’ambition. Parler d’ e-inclusion plutôt que de fracture numérique, c’est s’adresser aux 100%.

Le CNNum appelle en ce sens non seulement à penser les conditions pour lever les obstacles à l’inclusion que le numérique sème sur son passage, mais également à s’appuyer sur le numérique comme levier de transformation individuelle et collective  par un effet d’ascenseur social numérique.

Le pré requis à l’ascenseur social numérique est l’accès au sens large, faire en sorte que le numérique contribue à faciliter plutôt qu’à complexifier les démarches et services essentiels. Les leviers à actionner pour donner toute sa puissance à cette ascenseur social sont en priorité :

  • Une littératie numérique : au delà de la diffusion des usages, c’est l’objectif d’une « culture numérique pour tous » qu’il faut poursuivre. l faut viser la formation initiale ET la formation tout au long de la vie, avec un socle défini sur un référentiel de compétences élargi et évolutif.
  • Permettre la transformation sociale en donnant du pouvoir d’agir : passe par le développement individuel d’habilités et de sens critique (« pouvoir de »), par l’association de l’initiative collective aux méthodes distribuées, collaboratives et horizontales caractéristiques du web (« pouvoir avec »), et par le développement d’une « voix de retour » élus-citoyens et du codesign des politiques publiques (« pouvoir sur »).
  • Des médiations pérennes : avec la dématérialisation massive des services et l’évolution continue des techniques, les besoins en médiations humaines aux utilisateurs iront croissants. La dématérialisation est à encourager à condition que soient pensées les médiations nécessaires pour que chacun puisse participer activement à la société numérique. Cela implique de faire passer à l’échelle et d’installer durablement les initiatives existantes.

Un nouveau paradigme en matière d’ e-inclusion implique un changement profond parmi les décideurs afin qu’ils embrassent les enjeux sociaux et politiques du numériques. A cette fin, il faut construire la littératie numériques des décideurs publics et privés.

La question de l’e-inclusion est sociale et politique, et également économique. Le numérique est un vecteur de création d’emploi qui pourrait contribuer à apporter une solution aux 900 000 jeunes « à la dérive ». L’ambition est que 100 000 emplois du secteur numérique, ou impliquant des compétences numériques, en trois ans soient occupés par ces jeunes. A cette fin, il faut changer le regard sur les emplois numériques et les profils « jeunes », changer les modes de recrutement et préparer l’emploi par des immersions et des incubations de projets. Le numérique est également un vecteur de compétitivité, la généralisation de la littératie numérique pour tous est ici un enjeu essentiel.

Afin de déployer la nouvelle vision d’inclusion développée, le CNNum préconise de disposer d’indicateurs adaptés à l’état actuel des sociétés numériques et aux nouveaux objectifs d’e-inclusion. Les indicateurs développés devront prendre en compte les différentes dimensions de l’inclusion, notamment l’interaction entre inclusion numérique et socio-économique. L’objectif est de constituer une capacité d’observation de la manière dont le numérique pénètre les activités humaines. Il faudra pour cela s’appuyer sur les efforts existants (travaux de recherche), définir des programmes de recherche en Sciences humaines et sociales  ou encore créer des labels valorisant des initiatives collectives en matière numérique.

 

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