Cénum - Lettre d'information du 28 janvier 2022

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I – La vie du Conseil

  • La semaine dernière, nous avons publié sur notre site un entretien d’Anne Alombert et Olga Kokshagina présentant le dossier sur l’économie de l’attention en 4 questions : « Le focus de l'économie de l’attention n’est plus seulement de satisfaire nos attentes existantes mais de les pré-conditionner, de les influencer et même de les créer afin de les convertir en bénéfices financiers ». Pour approfondir, lire cet entretien des deux chercheuses avec Chut, sur l’économie de l’attention: “L’enjeu de notre rapport est justement de faire dialoguer plusieurs disciplines, de l’économie à la psychologie en passant par le droit. C’est la seule manière de parvenir à un consensus et de replacer l’attention dans le radar des pouvoirs publics.” Elles y promeuvent notamment la création et la valorisation “des technologies contributives basées sur le partage des savoirs et non sur le ciblage comportemental des consommateurs”.
  • Nos réflexions se poursuivent lundi 31 janvier à 9h (en ligne) à l’occasion du premier “Parlons-nous”, un atelier ouvert sur les leviers juridiques visant à protéger nos attentions. Anne Alombert et Olga Kokshagina échangeront avec Célia Zolynski, professeure de droit privé à l’université Panthéon-Paris 1-Sorbonne, Florian Forestier, directeur des études chez #Leplusimportant, et Régis Chatellier, responsable d’études prospectives à la CNIL. Pour s’inscrire c’est par ici !
  • En lien avec la publication de notre rapport sur l’attention, nous avons également publié un échange avec Katherine Hayles, professeure émérite à UCLA et Duke University et auteure, autour des  questions suivantes : Comment sommes-nous passés de l’attention profonde à l’hyper attention ? Quel rôle pourrait jouer l’éducation dans la préservation de l’attention ?
  • Le 20 janvier, Anne Alombert et Olga Kokshagina ont échangé avec la députée Caroline Janvier au regard de sa tribune sur la surexposition des enfants aux écrans ainsi que son initiative de co-construction d’une loi de prévention. Elles ont insisté sur la complémentarité des mesures visant à sensibiliser et éduquer les citoyens, parents, enfants et professionnels et de celles destinées à responsabiliser les constructeurs des technologies, en particulier les grandes plateformes.
  • Retour sur les travaux du Conseil sur la circulation des fausses informations (lire le dossier ici), nous publions aujourd’hui un entretien de Gabriel Ferriol, chef du service Viginum. Quelles sont les missions de ce service ? Où en est son installation ? Quels sont ses objectifs pour 2022 ? Comment coopère-t-il avec les acteurs extérieurs ? Nous avons pu échanger avec lui afin de mieux cerner ce nouveau levier de la stratégie interministérielle de lutte contre la manipulation de l’information. À lire ici.

II – Dans les actualités des membres

  • Gilles Babinet a publié dans Les Echos un article sur la nécessité de renouer avec les utopies initiales d’Internet. Considérant qu’il est essentiel de trouver un équilibre entre innovation et régulation, il propose d’établir “une relation tripartite entre les innovateurs (privés ou sociaux), les régulateurs et les communs”.  
  • Retour sur l’intervention de Françoise Mercadal-Delasalle à la conférence de la Chaire Digital, Gouvernance et Souveraineté de Science Po. Françoise y défend l’idée d’une réappropriation par les citoyens des outils numériques et leurs données. Lorsque les données sont mises à disposition des citoyens, de nouvelles utilisations au service de l’intérêt général peuvent en être faites. Visionner la vidéo.

III - Quelques-unes de nos inspirations

  • Mercredi dernier, nous étions au Collège des Bernardins pour assister à la conférence Croyances numériques organisée avec Ouishare. C’était une journée riche en débats sur notre relation à la technologie. Parmi les moments forts de la journée (et il y en eut), nous avons particulièrement apprécié l’échange autour de l'œuvre Mixed Feelings de Filipe Vilas-Boas avec Irénée Régnauld et le public, ou la preuve par l’expérience de la manière dont une œuvre d’art jouant avec les frontières de la technique peut faire naître un véritable échange culturel sur notre rapport à la technique, à nous-mêmes et aux autres.
  • Nous avons lu l’article “Métavers : ce jeu dont qui sera le héros ?” du LINC. Il souligne que le métavers et le marché des jetons non-fongibles (NFT) peuvent questionner le champ des libertés individuelles. En effet, la vente d’avatars et de profils, surtout si ces derniers sont des “clones” de personnes réelles (données biométriques, comportementales…), questionne le droit de propriété. Il met également en avant 4 scénarios alternatifs concernant le futur du métavers : revitalisation des idéaux originels d’Internet, renforcement de la coopération entre les autorités de protection des données, “extension du capitalisme de surveillance”, espace en ligne comme alternative de vie en société dans un monde dévasté. A poursuivre par l’émission Le temps du débat sur “Les NFT sont-ils une bonne nouvelle pour le monde de l’art” sur la démocratisation de l’accès au marché de l'art par les NFT.
  • Nous avons écouté l’émission Les enjeux, sur le sujet des “Villes moyennes et télétravail : l’avènement des Zoom towns”. Magali Talendier, économiste et urbaniste à l’université de Grenoble, revient sur le phénomène de déconcentration des métropoles d’une partie des travailleurs vers des villes moyennes, nommées Zoom towns. Ce phénomène pourrait entraîner une dynamique d’inégalité et d’exclusion sociale et spatiale.
  • On a regardé l’épisode “Allons-nous aimer les robots ?” de la série La réponse à presque tout. Alors que la philosophe Catrin Misselhorn considère que les robots sociaux peuvent accentuer l’isolement social, Martin Fischer, professeur de psychologie cognitive, indique qu’ils pourraient permettre aux individus souffrant de solitude ou d’autisme de développer des capacités et interactions sociales. Il note également le risque que les robots appauvrissent notre répertoire comportemental, en prenant pour exemple le mimétisme comportemental des enfants ayant grandi avec un robot Pepper.

V - Dans nos tablettes

  • Le 31 janvier, de 18h à 18h, la Fondation pour la recherche stratégique, l’ambassade et le consulat des Etats-Unis en France organisent une conférence sur “Combating Disinformation: Lessons Learned in the U.S. and Europe”. Inscription ici.
  • Le 1er février, de 18h30 à 21h, aura lieu une table-ronde sur “Sobriété numérique & algorithmique...quelle juste distance à la machine ?”, organisée par Espérance & Algorithmes et le Collège des Bernardins. Inscription ici.
  • Le 1er et 2 février de 9h à 10h30, Sciences Po-Ceri, l’Institut Convergences Migrations et l’association Désinfox-Migrations organisent une série de rencontres sur  “Médias Migrations: La Fabrique de l’opinion”. Inscription ici.
  • Le 7 février, de 18h à 20h, un séminaire sur l’”Education et le soin à l'ère du numérique” est organisé par l’ICP et l’ISEP. Inscription ici.

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