Humains & Machines. Quelles interactions au travail ?

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Dossier Humains et Machines. Quelles interactions au travail ?

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Membres pilotes
Justine CASSELL
Membre
Olga KOKSHAGINA
Membre
Dominique PASQUIER
Membre
Eric SALOBIR
Membre

Plus qu’il ne disparaît, le travail se métamorphose au fil de l’évolution des technologies interrogeant sans cesse la coexistence des humains et des machines dans l’environnement professionnel. Des robots aux exosquelettes, du télétravail à la réalité virtuelle, la place de la machine au travail véhicule autant de réalités que de projections, entre libération et aliénation des travailleurs. Le Conseil national du numérique appelle à mettre les outils numériques au service des travailleurs et publie ce jour un dossier intitulé “Humains & Machines. Quelles interactions au travail ?” et identifie 10 leviers pour rendre les travailleurs acteurs de leur relation au numérique.

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Au sommaire :

  • Corps et interactions entre humains et machines : de l’importance du langage non verbal
  • Machine, travail et corps : la révolution industrielle se prolonge à l’ère numérique
  • La machine entre dans les bureaux : révolution numérique, travailleurs intermédiaires et cadres
  • La machine comme extension du corps : vers d'autres façons d'être au travail ?

Le Conseil national du numérique identifie 10 leviers pour rendre les travailleurs acteurs de leur relation aux outils numériques aussi bien dans la conception de ces outils que dans l’exercice de leur activité ainsi qu'en consolidant les droits des travailleurs.

Alors qu’il existe souvent un décalage important entre les intentions présidant à la conception des outils et leurs usages effectifs, il est nécessaire d’anticiper leurs effets avec des dispositifs pour

  • Impliquer les travailleurs concernés le plus en amont possible dans la conception et le déploiement de leurs outils ;
  • Former l’ensemble des parties prenantes (travailleurs, managers, partenaires sociaux, médecins du travail…) à leur usage ;
  • Réaliser une étude d’impact préalable à leur déploiement, intégrant notamment leurs effets potentiels sur le travail mais également sur les interactions au sein des équipes et les dynamiques collectives.

Il s’agit ensuite d'encourager à l'accompagnement des collaborateurs grâce à un processus continu d’évaluation, d’amélioration des échanges autour de ces outils et des modes de travail qu’ils engendrent pour :

  • Mettre en place un dispositif de remontée continue d’informations sur la façon dont les travailleurs vivent leur relation au outils numériques ;
  • Accompagner le déploiement d’un travail hybride, entre télétravail et travail en présentiel, qui ne soit pas subi mais source d’opportunités et d’accroissement de la qualité de vie au travail et dans la vie personnelle ;
  • Assurer l’effectivité d’un dialogue social ouvert à plusieurs niveaux, régulier et transparent incluant l’ensemble des parties prenantes concernées par les outils numériques ;
  • Faire du numérique au travail un pilier de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises.

Si les droits et libertés numériques jouissent d’un cadre légal et réglementaire riche et en construction, leurs applications dans le contexte du travail doivent être consolidées, notamment en matière de surveillance numérique au travail. Il s’agirait de :

  • Rendre la régulation sur les outils numériques de travail efficace et effective, en clarifiant les dispositions préexistantes en matière de droits et libertés numériques applicables dans un contexte de travail, en les renforçant et en assurant que ceux qui utilisent les outils soient impliqués dans la conception et la mise en œuvre de la régulation ;
  • Accroître la vigilance et l’effectivité des droits des travailleurs en matière de surveillance au travail. Il est indispensable de renforcer l’information des travailleurs quant à leurs droits et aux voies de recours qui se présentent à eux en cas de manquement. Cette formation doit aussi viser les représentant des travailleurs pour assurer au mieux leur mission de vigie et de conseil ;
  • Encourager et approfondir la recherche sur les outils numériques de travail et leurs apports et impacts sur les travailleurs.

 

Justine Cassell, linguiste et membre copilote :

« Le corps est le premier contact avec les autres et le langage non-verbal est essentiel dans nos interactions entre humains, aussi bien au travail que dans la vie personnelle. A travers cette analyse de nos interactions médiées, associées ou représentées par la machine, il s’agit de comprendre quelles sont les connaissances dont nous disposons pour assurer une coexistence qui soit pertinente. Savoir si les technologies sont humaines est moins important que de savoir comment elles nous permettent de conserver notre humanité. L’objectif étant que l’humain garde toujours l’ascendant sur la machine.»

Olga Kokshagina, chercheure et membre co-pilote :

« La pandémie a largement accéléré les mutations et de nouveaux enjeux ont émergé pour les cadres, de leur rapport au corps à leurs interactions médiées par les outils numériques. Disposer d’une agentivité forte au travail ne signifie pas que les technologies numériques n’ont pas d’impact sur le travailleur, son psychique et les liens sociaux. De la conception des outils à leur mise en place, ils ont plus que jamais besoin d’accompagnement et le rôle des managers est clé. Ce qui implique en parallèle de donner les moyens à la recherche d’étudier et d’anticiper.»

Dominique Pasquier, sociologue et membre copilote :

« Toutes les catégories de travailleurs ne sont pas confrontés de la même manière aux outils numériques et leur agentivité est loin d’être la même. Dans ce dossier, nous avons voulu interroger aussi bien les ouvriers, qui n’ont ni télétravail ni souvent de pouvoir individuel de négociation que les cadres intermédiaires. Tous en revanche sont confrontés à un enjeu d’utilisation du numérique comme outil de surveillance de la personne. Cela nécessite d’être analysée d’une part et discutée collectivement de l’autre.»

Eric Salobir, président de la Human Technology Foundation et membre copilote :

« Les technologies d’augmentation soulèvent des enjeux éthiques. Pour éviter que les dispositifs initialement destinés à aider et à soulager les collaborateurs dans leur travail ne deviennent l’instrument d’une quête déraisonnable de productivité, il est nécessaire de protéger leurs utilisateurs. Un développement du dialogue social et un renforcement de la réglementation apparaissent nécessaires. Exosquelettes et présence au travail sous forme d’avatar semblent encore peu répandus, mais représentent déjà de vrais enjeux politiques.»

 

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Ce dossier a été réalisé par Justine Cassell, Olga Kokshagina, Dominique Pasquier et Éric Salobir, membres du Conseil national du numérique, avec le précieux concours de Joséphine Hurstel, responsable des études, et Leila Amanar, rapporteure, ainsi que les autres membres du secrétariat général du Conseil national du numérique. Ils sont issus de débats organisés au sein du collège de membres, de la rencontre avec des acteurs et d’une revue de la littérature scientifique existante. Loin de prétendre offrir une vue conclusive sur ce sujet, ces travaux visent à encourager la production d'autres travaux, de réflexions et surtout à échanger sur ce sujet.

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