sebag

Michèle SEBAG

du 11/12/2017 au 19/12/2017

Michèle Sebag a été élève de l’ENS en mathématiques de 1975 à 1979, et y obtient l’agrégation en 1978. A sa sortie de l’ENS, par goût pour les applications concrètes de l’informatique, elle part travailler chez Thomson-CSF, où elle apprend l’informatique sur le tas. Consciente des limitations des outils alors disponibles, elle suit en parallèle le premier enseignement spécialisé sur l’intelligence artificielle en France, le DEA de Jacques Pitrat et Jean-Louis Laurrière à Paris VI, tout en obtenant un DEA d’économie à l’Université de Paris X Nanterre en 1983. Elle décide d’aller travailler dans le milieu plus académique, plus propice à la recherche en IA, et prépare une thèse sur les systèmes experts au Laboratoire de Mécanique des Solides de l’Ecole Polytechnique, financée par un groupe d’industriels désireux de faire progresser les recherches sur systèmes experts en utilisant l’apprentissage automatique pour en écrire les règles, C’est sur ce sujet qu’elle obtient sa thèse en 1990.

Elle entre au CNRS en 1991, en section Mécanique. Elle rejoint progressivement le Laboratoire de Recherche en Informatique de l’université de Paris-Sud/Orsay, y passe son HDR en 1997, et en 2001, elle y prend officiellement la direction de l’équipe Inférence et Apprentissage, qui devient sous son impulsion une des rares à travailler à la fois sur les approches symboliques et  numériques de l’IA, cette dernière voie se révélant d’autant plus pertinente que les puissances de calcul disponibles explosent. L’équipe, devenue commune avec l’Inria en 2003, crée par exemple le premier programme de GO qui s’avèrera capable de battre les meilleurs joueurs professionnels européens en 2009, bien avant que l’AplhaGO de DeepMind ne batte le champion du monde en 2017.

Outre les avancées scientifiques dont elle est responsable à titre individuel (elle a par exemple remporté le Challenge mondial en ILP – Inductive Logic Programming sur l’évaluation prédictive en toxicologie en 1997, en étant une des premières à utiliser l’échantillonage statistique pour l’inférence logique), Michèle Sebag a joué un rôle reconnu dans la communauté de l’intelligence artificielle. Elle a présidé l’association française d’IA (AFIA) et fait partie de la vingtaine de français nommés fellows de l’ECCAI, l’association européenne de l’IA (2010). Elle reste en contact avec beaucoup de ses anciens étudiants aujourd’hui chez Google ou autres, et conseille ou a conseillé plusieurs start-up, dont certaines se sont particulièrement bien développées, comme Pertinence Data Intelligence, finalement achetée par Dassaut Systemes en 2011 pour lui permettre de développer son offre pour l’industrie du futur dans les Manufacturing Execution Systems).

Elle a encadré ou co-encadré une vingtaine de doctorants, est auteure de plus de 15 articles dans les meilleures revues et conférence du domaine de l’apprentissage. Elle est ou a été membre  de comités éditoriaux de revues prestigieuses et de comités d’organisation de nombreuses conférences du domaine. Elle préside actuellement le Steering Comitee de l’European Machine Learning and Knowledge Discovery from Databases society.