Intelligence artificielle

Contribution #FranceIA (janvier-mars 2017) et Mission Villani (septembre 2017-janvier 2018)
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Contribution CNNum-France Stratégie - FranceIA

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Contexte de la mission France IA (2016-2017)

Le développement de l’intelligence artificielle (IA) soulève un grand nombre de questions. Les progrès réalisés ces dernières années ont laissé entrevoir le fort potentiel de cette technologie, autant en termes de croissance et de création de valeur que de progrès au service du plus grand nombre. Ces progrès représentent un défi majeur pour les pouvoirs publics : la France doit se donner les moyens d’anticiper ces cycles d’innovation de plus en plus rapides, afin d’en saisir au mieux le potentiel au bénéfice de notre pays et de peser sur le paysage futur de l’intelligence artificielle dans le monde. Le Conseil national du numérique a ainsi été sollicité par la secrétaire d’État au numérique et à l’innovation et le secrétaire d’État à l’enseignement supérieur et à la recherche pour contribuer à l’analyse des impacts économiques et sociaux de l’intelligence artificielle dans le cadre du projet FranceIA. Cette étude menée en collaboration avec France Stratégie a été remise au gouvernement le 21 mars. Cette étude avait un objectif principal, prendre du recul par rapport aux discours plus ou moins alarmistes ou euphoriques, et proposer un cadre d’action collectif. En effet, les perspectives de disparition d’emplois tendent à monopoliser le débat et à paralyser tout raisonnement. Cette analyse a pour le moment empêché de mettre en avant les perspectives positives réelles comme les alertes essentielles.

A la suite de ces travaux, le Conseil national du numérique accompagne, depuis septembre 2017, Cédric Villani dans la mission sur l’intelligence artificielle qui lui a été confiée par le Premier ministre. L’objectif de cette mission est de dessiner la stratégie française sur l’intelligence artificielle pour les années à venir.

Recommandations

La perspective des disparitions d’emplois tend à monopoliser le débat et à paralyser tout raisonnement. Cette analyse a pour le moment empêché de mettre en avant les perspectives positives réelles (gains de productivité dans les entreprises, amélioration de la qualité des services, bien-être humain) comme les alertes essentielles : danger de dépendance économique – notamment vis-à-vis de certaines plateformes – transformation massive des emplois, carence  de gouvernance des transformations. L’avis du Conseil développe principalement deux positions :

Les données sont des actifs essentiels au développement de l’IA

La valeur créée par l’intelligence artificielle provient des données nécessaires à l’apprentissage bien plus que de l’algorithme, dont les développements se font de manière ouverte (en open source). En conséquence, les organisations doivent prendre conscience de l’importance stratégique des données qu’elles détiennent. Il s’agit également, à plus long terme, d’engager une réflexion sur les modes de partage de la valeur entre acteurs privés. 

L’avenir du travail réside dans la complémentarité humain-machine

Il s’agit de penser la complémentarité humain-machine : le développement de cette complémentarité doit être l’occasion de “désautomatiser” le travail humain. Comment anticiper les transformations de l’emploi ? L’aménagement de ces transformations va demander, pour France stratégie et le CNNum :

  • Une construction de la décision aussi anticipatrice que possible, incluant les acteurs pertinents, que ce soit au niveau des politiques publiques mais également au niveau des entreprises.
  • Une reconception radicale des politiques de formation tout au long de la vie qui mette notamment en avant l’importance des compétences plus transversales et généralistes. Une telle formation passe par une modification des contenus de formation mais aussi une inventivité dans les modes de formations eux-mêmes, ce qui implique une forte mobilisation d’acteurs au-delà de ceux de la formation professionnelle.

Méthode

Le Conseil a pu auditionner, dans le cours laps de temps de la saisine, un grand nombre de personnes. Par ailleurs, ses recommandations proposent  une méthode pour les réflexions à venir. En effet, la contribution du CNNum insiste sur la nécessité d’organiser dès à présent un dispositif de concertation permettant d’anticiper les impacts de l’intelligence artificielle. Appuyée sur les expertises nécessaires, une grande consultation nationale pourrait être organisée en ligne, au moyen d’une plateforme numérique de débats, et hors ligne, par l’organisation d’événements sur le territoire.

Contexte de la mission Villani (2017-2018)

Le rapport Villani sur l'intelligence artificielle (IA) recommande d'élaborer une politique économique axée sur les données et de développer la recherche publique dans des secteurs stratégiques tels que la santé, les transports, la défense et l'environnement.

Le rapport Villani a été rendu public lors du sommet #AIForHumanity qui s'est tenu le jeudi 29 mars au Collège de France. La matinée a été rythmée par des débats entre personnalités politiques et experts mondiaux du domaine. L'après-midi, le Président de la république Emmanuel Macron a clôturé le sommet en annonçant une stratégie française ambitieuse, ouverte et progressiste en matière d’IA. En effet, plus de 1,5 milliard d'euros seront investis durant le quinquennat pour soutenir la recherche dans ce domaine, encourager les start-ups, transformer l’action publique et rendre possible l’accès et le partage des données dans les secteurs prioritaires de l’IA.

Découvrez le rapport complet, sa synthèse et revivez l'évènement sur le site https://www.aiforhumanity.fr/

Recommandations

Les 10 messages clefs du rapport

  • Favoriser l'émergence d'un écosystème européen de la donnée
  • Créer un réseau de recherche d'excellence en IA
  • Concentrer l'effort économique et industriels sur 4 domaines prioritaires : la santé, le transport, l'écologie et la défense
  • Structurer le soutien à l'innovation sur de grands défis et expérimenter
  • Créer un Lab public de la transformation du travail
  • Expérimenter un dialogue social au niveau de la chaîne de valeur pour financer la formation professionnelle
  • Tripler le nombre de personnes formées à l'IA d'ici 2020
  • Se donner les moyens de transformer les services publics grâce à l'IA
  • Intégrer les considérations éthiques à tous les niveaux de la conception des solutions d'IA jusqu'à leur impact dans la société
  • Porter une politique audacieuse de féminisation du secteur de l'IA

Historique et méthodologie

Le 8 septembre 2017, le Premier ministre Édouard Philippe a confié à Cédric Villani, député de l’Essonne, une mission sur l’intelligence artificielle. L’objectif : poser les bases d’une stratégie nationale ambitieuse pour la France en matière d’IA.

De septembre 2017 à mars 2018, les travaux ont consisté en :

  • près de 420 auditions d’experts issus de domaines variés et concernés par l’intelligence artificielle (santé, justice, transports, éthique, industrie, éducation, emploi et formation…) ;
  • la mise en place d’une consultation publique en partenariat avec Parlement & Citoyens, qui a recueilli plus de 2 000 contributions pour 1639 participants uniques ;
  • une étude comparative (benchmark) des politiques mises en place dans 15 pays.

Pour mener à bien cette mission, conformément à la lettre de saisine du Premier ministre, Cédric Villani a disposé de l’appui de Marc Schoenauer, directeur de recherche et expert de l’IA à l’INRIA et du Secrétariat général du Conseil national du numérique — Yann Bonnet, secrétaire général, Charly Berthet, Anne-Charlotte Cornut et François Levin — renforcé par Bertrand Rondepierre, ingénieur de l’armement à la DGA.

Documents

Communiqué de presse – FranceIA

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