Paroles de

« Je suis partisan d’une désescalade numérique », entretien avec Félix Tréguer

Quel bilan peut-on faire de l’action des institutions vis-à-vis du numérique ?

En travaillant depuis une dizaine d'années sur l’économie politique du numérique, d’abord au sein de La Quadrature du Net dont le travail consiste en partie à interagir avec différentes institutions autour de la fabrique de la loi, puis dans le cadre de mes recherches, j’ai acquis la conviction, dossier après dossier, que les institutions étaient finalement inaptes à pousser le numérique vers un horizon plus démocratique.

"L’esprit critique est probablement l’une des dimensions de l'humanité qui fera toujours défaut et dont on aura toujours plus besoin à mesure que le flux d’informations continue à s’accélérer." Entretien avec François Taddei

Directeur de recherche en biologie des systèmes à l’Inserm, François Taddei a fondé le Centre de recherches interdisciplinaires (CRI) en 2006 afin de co-construire et partager “de nouvelles manières d'apprendre, d'enseigner, de faire de la recherche et de mobiliser l'intelligence collective dans les domaines des sciences du vivant, de l’apprendre et du numérique pour relever les objectifs de développement durable (ODDs) des Nations Unies”.

« Allons au-delà de cette démocratie participative où les citoyens proposent et le politique dispose », entretien avec Paula Forteza

Comment percevez-vous le rapport des institutions au numérique ?

De mon expérience, non seulement en tant que députée, mais aussi au sein d’Etalab, je tire trois axes majeurs de réflexion quant à la relation du numérique aux institutions. Le premier axe est qu’il est nécessaire d’échanger et travailler en permanence de façon interactive avec la société civile et les citoyens. Cela s’applique autant pour la construction des politiques publiques que pour l’exercice de la démocratie en général et le travail parlementaire.

« De l’État surplombant à l’État entraînant : penser l’État en réseau », entretien avec Sébastien Soriano

Par le passé, Sébastien Soriano a été directeur de cabinet de Fleur Pellerin, président de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes et de la distribution de la presse) et a notamment présidé le BEREC (Organe des régulateurs européens des communications électroniques). Il est désormais directeur général de l’IGN (Institut national de l’information géographique et forestière), où il développe une nouvelle stratégie pour l’établissement, celle des « géocommuns ».

Du cerveau à l’appartenance sociale : les mécanismes derrière l’adhésion et la diffusion des rumeurs. Quatre questions à Sylvain Delouvée

Il travaille depuis plus de dix ans sur les croyances collectives, en se concentrant sur les conduites dites “irrationnelles” avec une attention particulière portée sur les rumeurs et les théories du complot. Comme Sylvain Delouvée nous l’explique “c’est en étudiant Monsieur et Madame “tout-le-monde” qu’il est possible de distinguer les processus cognitifs qui sous-tendent les mécanismes de croyance et de transmission.” Attention l’un et l’autre ne vont pas toujours de pairs, surtout sur Internet !

« Une culture participative est une culture dans laquelle de nombreuses personnes ont la possibilité de participer, et l'objectif est de permettre à toujours plus de voix d'être entendues. » entretien avec Henry Jenkins

Henry Jenkins est le Professeur doyen en Communication, journalisme et cinématographie à l'University of Southern California (USC). Auparavant il a été directeur du Comparative Media Studies Program (Département d'études comparées sur les médias) au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Il est l'auteur et/ou l'éditeur d'une vingtaine de livres sur les médias et la culture populaire, tels que Participatory Culture : Interviews, Popular Culture and the Civic Imagination : Case Studies of Creative Social Change ou Comics and Stuff.